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La FICHE de JUGEMENT

  Lors de sa participation à un concours ornithologique, l’exposant se voit remettre une fiche de jugement pour chacun des sujets exposés. Outre l’aspect premier de l’intéressé qui consiste à regarder immédiatement le pointage, voire éventuellement le titre obtenu, une lecture plus attentive de cette fiche – ou de plusieurs fiches si le même oiseau à participer à plusieurs concours – renseignera d’une façon plus complète l’exposant.

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Quelle est la vocation essentielle de la fiche de jugement ? Qu’elles en sont ses limites ? Que doit-on en attendre ? Que dit-elle ou ne dit-elle pas ? Nous vous proposons de passer en revue ce qu’il est possible d’apprendre de ce petit carré de papier, ô combien précieux pour tout ceux qui veulent progresser dans leurs élevages.

Pour schématiser ou recourir à une métaphore, nous pouvons comparer la fiche de jugement à la correction d’un devoir surveillé, d’un examen scolaire, d’une copie… Le sujet est l’oiseau présenté devant le juge soit dans une cage de concours, soit dans une volière. Le juge est le correcteur, le critique, dont la mission consiste à comparer le sujet présenté en concours par rapport à un standard. Le jugement, ou plus exactement l’acte de jugement, est la photographie prise et interprétée par le juge à un instant T du sujet présenté à la critique.

Revenons quelque peu sur ces trois notions : le sujet, le standard, l’instant T.

Partant du principe que les concours sont avant tout des concours de beauté pour les oiseaux nés en captivité, ceci n’implique pas de facto que tous les oiseaux possèdent le niveau ou les critères voulus pour participer à cette manifestation. Une sélection s’impose au niveau de chaque élevage afin d’écarter les sujets trop éloignés du standard. Ou encore, les oiseaux connus sous l’appellation «oiseaux d’élevage » sont bien souvent pénalisés assez fortement en concours mais présentent des caractéristiques physiques très intéressantes en reproduction pour développer une bonne souche et obtenir de futurs oiseaux de concours. Une qualité pour la sélection des reproducteurs et la descendance se transforme en défaut pour un concours. Un oiseau de concours ne devient pas systématiquement un oiseau d’élevage et inversement. Ceci est d’autant plus avéré pour les espèces très domestiquées où le nombre de mutations est en constante progression.

Le standard se définit comme la description d’une image virtuelle d’une espèce. Par le passé, il était rédigé comme étant un objectif à atteindre et était révisé lorsque les éleveurs s’en rapprochaient. Une notion plus récente est apparue et intègre le fait que le standard doit être accessible grâce aux caractéristiques exceptionnelles observées sur des sujets existants et réunies au sein d’un même profil idéalisé puis standardisé. Il existe deux types de standard : ceux pour les espèces domestiquées où les descriptions des mutations (ou des combinaisons de mutations) sont de plus en plus détaillées et rigoureuses ; ceux pour les espèces non domestiquées et dont la description s’appuie principalement sur la littérature. In fine, le standard devient la référence par rapport à laquelle la critique s’exerce.

L’exposant sélectionne le sujet qui s’approche le plus possible du standard et l’engage dans un concours. Après un travail de sélection des géniteurs, des succès de reproduction, des efforts de bien-être, une patience à toute épreuve, le concours devient l’instant de vérité. Cet instant durera à peine quelques minutes avec, à la clé, la réussite ou l’échec. Effectivement, il reste un passage obligé et bref où le sujet doit se présenter sous son meilleur angle, être valorisé et présent à ce rendez-vous. La critique s’exerce à partir des descriptions portées au standard d’une part et de ce que voit le juge devant lui d’autre part. Un oiseau qui ne se perche pas et reste en fond de cage (cas courants chez les certaines espèces…), stressé, et ce sont des points qui s’envolent… Le juge n’est pas habilité à imaginer le bon maintien sur le perchoir, la couleur ou le dessin d’une poitrine et d’un ventre cachés. Il ne joue pas aux devinettes et assure sa mission uniquement sur la base de ce qu’il distingue très nettement. Photographie il y a et il faut être prêt lors de l’examen. Comme dit le dicton : avant l’heure, ce n’est pas l’heure ; après l’heure, ce n’est plus l’heure.

En résumé, un sujet inscrit dans un concours sera évalué en fonction d’un standard et il devra se présenter dans les meilleures conditions pour exprimer sa beauté lors de son passage devant le juge sachant que, d’une manifestation à l’autre, le jugement aura lieu le matin, ou l’après-midi, le jour suivant l’enlogement ou plus, une température ou un éclairage variant, une cage ou une volière inconnue, etc…