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Les CRITERES de JUGEMENT

La lecture d’une fiche de jugement nous guide dans la méthode utilisée par les juges. Plusieurs critères allant de la taille à la condition, classés selon un ordre décroissant d’importance, reprennent les points d’appréciation sur la beauté des sujets exposés. Il existe huit critères pour toutes les espèces de psittacidés à l’exception de la Perruche Ondulée qui en possède deux de plus : Tête et Masques et/ou Perles. Chaque critère est apprécié selon un niveau de qualité courant d’Insuffisant à Excellent. Voyons ce qui est compris derrière chacun de ces critères.

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Une fois la fiche de jugement remise à l’exposant, la lecture du pointage et des annotations faite, il convient de prendre un peu de temps pour analyser les commentaires et la valorisation obtenue de chacun des critères. Puis, si le même oiseau à participer à plusieurs concours, rapprocher les commentaires de chaque jugement pour essayer d’en tirer une synthèse ou une tendance. Le but final étant de déterminer les sujets à sélectionner pour améliorer les souches d’élevage.

Les points perdants et les points gagnants.
Le modèle de fiche de jugement est structurée en deux parties de 4 critères (ou 5 pour les Perruches Ondulées). La partie haute : celle de la taille, du type, de la couleur et du dessin (En sus, la tête pour les Perruches Ondulées de Posture). La partie basse : celle du maintien, des pattes doigts et ongles, du plumage et de la condition (En sus, le masque et/ou les perles pour les Perruches Ondules de Couleur).

L’origine des points obtenus en concours est le fruit de deux efforts différents de la part de l’exposant. Dans le cas de la partie haute, le travail portera sur la recherche fructueuse des parents géniteurs, leurs accouplements et leurs reproductions. Leurs jeunes donneront peut-être ou peut-être pas de bons oiseaux de concours. Mais, qualité ou non, elle est déterminée par le patrimoine génétique du sujet et l’exposant n’aura aucune action possible sur eux au moment du concours. La mission du juge à ce niveau est de retirer des points pour tous les écarts d’insuffisance par rapport au standard. D’où la notion de points perdants.

Fiche de jugement


Quant à la partie basse, l’exposant peut avoir une action positive en faveur des sujets exposés. Il peut préparer ses oiseaux pour favoriser leurs maintiens, veiller à minimiser les querelles pour éviter un ongle ou un doigt coupé, soigner et héberger correctement ses protégés pour obtenir un beau plumage, veiller à leurs bien-être et leurs santés pour une bonne condition. Pour ces quatre critères, l’exposant peut agir pour gagner un maximum de points. A qualité égale entre deux sujets à départager, souvent la condition marque la différence. D’emblée, ce sont des points gagnants qui sont obtenus facilement si l’exposant prépare bien ses oiseaux au concours.

Le haut de la fiche de jugement est le plus important pour la qualité réelle de l’oiseau et éventuellement utile pour la transmission de son patrimoine génétique. Le bas de la fiche de jugement s’intéresse plutôt aux réussites dans les concours car le juge titre assez difficilement des oiseaux avec un ou des doigts manquants, des trous de plumages, des plumes cassées ou une mauvaise condition. Les standards précisent qu’un oiseau sans condition ne peut pas être champion.

Que tirez de ces renseignements ?
Deux éléments précieux :
a) les points gagnants peuvent priver l’exposant d’un titre mais si les points perdants ne sont pas nombreux, l’exposant possède un oiseau de bonne ou très bonne qualité. Autrement dit, si le juge met 88 ou 89 points à un oiseau avec un ongle absent ou des plumes cassées, nerveux ou un peu sale, les autres critères comme la taille, le type, la couleur et le dessin demeurent d’un très bon niveau, peut-être intéressant pour maintenir ou améliorer une souche d’élevage ;
b) les points perdants sur un jeune oiseau exposé ne sont forcément pas un échec si celui-ci, bien qu’en couleur, n’a pas atteint sa maturité. Autrement dit, si le juge annote un manque de taille et/ou de type et une couleur en manque d’uniformité ou d’intensité avec un pointage à 87 - 88 points, pas de panique. Un an plus tard, ces critères se seront probablement améliorés et le pointage risque de monter.

Il est de bon conseil d’avoir l’avis de deux ou trois jugements pour avoir une vision objective d’un oiseau de concours. Si vous avez suivi ce conseil, il est important de rapprocher toutes les fiches de jugements et surtout confronter les annotations manuscrites des juges.

Existe-t-il une hiérarchie des critères ?
Incontestablement. En priorité absolue, nous trouvons la taille et le type pour la simple et bonne raison qu’il existe un consensus entre les connaisseurs et les juges pour affirmer qu’il faut lutter avant tout contre l’affaiblissement des souches captives et la chétivité. Cette priorité est aujourd’hui renforcée car force est de constater un net recul général depuis une bonne décennie de la taille des oiseaux appartenant aux espèces domestiquées chez lesquelles le nombre de mutations est en constante augmentation.

Une fois l’objectif qualitatif de la taille et du type atteint, le consensus poursuit l’idée majeure de prioriser ensuite la couleur et le dessin. Les quatre derniers critères étant plutôt des critères portant sur de la valeur ajoutée pour le concours et ne présentant pas de grosses difficultés à obtenir pour les sujets de qualité bien soignés par leurs propriétaires.

Quelles sont les limites de la fiche de jugement ?
Parmi les questions récurrentes de l’exposant vis-à-vis des annotations sur la fiche de jugement revient bien souvent celle du rappel du standard. Ceci n’est pas possible et l’étape du concours n’est pas celle de l’étude du standard. Et le temps dévolu au jugement tend à se réduire au fur et à mesure que la saison hivernale approche (les jours raccourcissent et privent progressivement le jugement de lumière naturelle) ou que le niveau de la compétition s’élève.

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Afin de savoir prendre les bonnes orientations pour tendre vers une souche d’oiseaux de bonne qualité, l’exposant doit posséder le standard des espèces qu’il expose et participer à des concours pour connaître la valeur de ses oiseaux. Ceci étant, pour bien progresser, rien ne vaut une journée animation avec des oiseaux pour commenter les critiques. Ceci relève de la responsabilité des clubs et beaucoup de juges se prêtent bien volontiers à cet exercice.

Il faut participer aux concours locaux et régionaux pour voir des fiches de jugement bien annotées. Pour les concours nationaux et internationaux, la finalité n’est plus la même : l’inscription dans de telles manifestations vise le titre ou un bon résultat ; non des renseignements sur les points forts ou faibles du sujet exposé. En conséquence, la participation aux concours de clubs ou de région est vivement recommandée. De plus, la disponibilité du juge y est plus courante et est l’occasion d’obtenir quelques bons tuyaux.

Quels sont les points mini et maxi possibles sur la fiche de jugement ?
Nulle part, il est écrit de pointage minimal ou maximal à ne pas dépasser. Aucun règlement et aucun standard n’en parlent. Ceci dit, la grande majorité des jugements sont regroupés dans une fenêtre allant de 85 à 93 points pour les juges français ; soit huit points d’écart. Il est rare d’avoir des pointages de moins de 85 points comme il est rare de dépasser les 93 points à l’exception du Mondial et de quelques jugements de nos collègues étrangers qui ne suivent pas les mêmes règles.

Sur une échelle de huit points, la qualité passe d’un niveau insuffisant à excellent. Ce qui représente 98 % à 99 % des oiseaux jugés. Il est vrai que cette latitude est étroite mais c’est celle qui est appliquée dans beaucoup de pays et qui de fait, s’est imposée. Il n’est pas exclus que la responsabilité originelle remonte à l’abandon du pointage détaillé au profit du pointage global. A confirmer…

Pour guider un peu le lecteur, à toutes fins indicatives, disons que :
- Un pointage de 85 points ou moins donne une qualité insuffisante,
- Un pointage de 86 à 87 points donne une qualité moyenne,
- Un pointage de 88 à 89 points donne une bonne qualité,
- Un pointage de 90 à 91 points donne une très bonne qualité,
- Un pointage de 92 à 93 points donne une excellente qualité,
- Un pointage de 94 points donne une qualité exceptionnelle.

Que signifient Non Jugé ou Non pointé sur une fiche de jugement ?
Ces deux mentions répondent à des cas bien définis.
- Un oiseau est déclaré « Non Jugé » dès lors qu’il ne satisfait pas aux critères ou normes définis par les juges. Exemple des croisements interspécifiques (hybridation) et intraspécifiques (métissage), de couleurs ou de combinaisons non reconnues.
- Un oiseau est déclaré « Non Pointé » dès lors qu’il est reconnu en sa qualité d’espèce ou couleur mais son appréciation n’est pas objectivement évaluable. Exemple d’un manque de condition, de blessures ou handicap physique, d’hyperactivité, d’absence de maintien, conditions de jugement environnementales défavorables, plumage immature.

Le juge a l’obligation de rayer la fiche de jugement par un trait en diagonal, porter la mention « Non Jugé » ou « Non Pointé » et indiquez précisément dans le cadre réservé aux annotations le motif de sa décision.

Que signifie Déclassé sur une fiche de jugement ?
Dans la pratique des concours, il existe une croissance anormale d’erreurs d’engagement dans les bonnes classes. Ces cas relèvent d’explications plus ou moins solides. Mais la vérité est beaucoup plus simple : l’ouverture exponentielle des classes et la méconnaissance des mutations détenues (et de leurs multiples combinaisons) conduisent une majorité d’exposants à s’en remettre au juge pour identifier et classer correctement.

En principe, le juge n’est pas habilité à déclasser ; cela relève du domaine de compétences du comité organisateur du concours. Dans ce cas précis, la prestation officielle du juge est de juger, de porter sur la fiche de jugement la bonne classe dans laquelle devrait être inscrit et signaler cette anomalie aux commissaires du concours qui doivent le déclasser.

Dans les faits, bien souvent les commissaires souhaitent reclasser l’oiseau dans sa bonne classe et, si celle-ci n’a pas déjà été jugée, la demande s’étend comme si rien ne s’était passé. Mais cela peut être plus délicat si la classe a déjà été jugée avec des oiseaux titrés. Le juge n’est pas tenu d’obtempérer mais la décision est prise au cas par cas :
- Caractère exceptionnel de l’erreur ou très répétitif dans un concours. Effectivement, le juge ne peut pas tout reclasser.
- Concours local ou national. Erreur possible au niveau local mais inacceptable au niveau national.
- Disponibilité du juge. Si le nombre d’oiseaux à juger est important lors d’un concours, le juge manquera de temps pour reprendre les bonnes classes.

Enfin, le facteur « Bonne foi » entre aussi en jeu car si le juge comprend qu’il a été sollicité pour faire le tri sélectif, beaucoup siffleront la fin de la récréation très rapidement.

La finalité d’une fiche de jugement.
Une fiche de jugement n’a pas comme seul objectif de donner une valeur pointée d’un sujet exposé, d’un classement ou d’un titre. Son but est aussi de renseigner les points forts et les points faibles par rapport à une référence : le standard. Puis, à la lecture des observations fournies, réunir des couples où ses points forts et faibles sont complémentaires pour travailler à l’obtention de futures souches captives de qualité. L’accouplement de champions entre eux ne donnent pas nécessairement de futurs champions. De plus, chez beaucoup d’espèces de perruches, en concours les mâles comptabilisent plus facilement les points (perruches d’origine australiennes ou afro-asiatiques par exemple) mais les éleveurs savent que les belles femelles bien taillées et typées sont à privilégier aux mâles bien colorés.

Vous pouvez être un bon éleveur, un bon exposant mais vous devez toujours composer avec une bonne connaissance de la nature et de ses règles…ce que ne vous dira jamais aucune fiche de jugement.